Article du 7 décembre 2025, publié sur Hi-Fi News.
par Ken Kessler. Kensington Audio,
Lien vers l’article d’origine:
https://www.hifinews.com/content/kensington-audio-c-600-mc-cartridge
(Traduction par Achille Brandalise et Pascal Grammon)
Kensington Audio est un membre à part entière du groupe Anglais Talk Electronics, aux côtés d’Edwards Audio et de Kestrel Audio; 2 marques proposant déjà des Bras de Lecture, des Préamplis Phono, ainsi que des Platines Vinyles. Il ne manquait qu’une gamme de Cellules c’est chose faite depuis la toute fin de l’année 2025 avec 5 cellules phonos à bobines mobiles . Les cinq modèles Kensington se distinguent par leur profil de pointe et le matériau du cantilever, tous partageant le même corps en alliage mais différenciés par leur couleur. La C-600, évolution naturelle de la C500 et testée ce mois-ci revêt un remarquable rouge cramoisi équipée d’un diamant elliptique et d’un cantilever en bore. Ces caractéristiques distinctives garantissent un excellent transfert d’énergie, améliorant la vitesse de résolution. Par ailleurs, finement profilée la cellule restitue les moindres détails du sillon avec une distorsion grandement réduite.
Note du Traducteur: Kevin Edwards, concepteur pour les 3 marques du groupe TALK ELECTRONICS, offre une vision globale de la lecture des disques micro-sillons , le résultat est une qualité de restitution musicale vraiment supérieure à la moyenne dans chaque catégorie de prix, et ce pour chaque domaine; les préamplis phono, les Bras de lecture, les platines et désormais les cellules MC.

Dextérité obligée !
Chaque aspect de la C-600 offre nombre de détails soignés pour les amateurs aguerris de cellules mais avant d’y venir, je n’ai qu’une seule critique à émettre, d’ordre purement pratique. L’absence de protection sur le diamant m’a fait suer à grosses gouttes lors de l’installation de la C-600. La cellule est livrée dans un bel écrin rappelant la boîte d’une montre-bracelet, avec des instructions détaillées imprimées sur un feuillet en triptyque, mais la cellule elle-même est fixée, pointe et cantilever sans protection, dans un cadre plastique en forme de U replié. Il suffit de regarder la photo pour comprendre pourquoi cela m’a inspiré une certaine crainte.

Retirer la cellule requiert une certaine dextérité. Les deux vis maintenant la cellule en place servent également à la fixer à son emplacement au bout du bras de lecture, et la clé 6 pans nécessaire est fournie, ainsi, aucun autre outil n’est donc requis. La partie délicate (voire périlleuse) consiste à tenir la cellule entre deux doigts en l’emboîtant au bras, puis à desserrer les deux vis en espérant l’avoir maintenu de telle façon, une fois relâchée, le cadre ne vienne pas entrer en contact ni avec la pointe ni avec le cantilever. Un exercice d’équilibriste que je préférerai ne pas avoir à répéter.
Un réglage facile.
Une fois installée, la C-600, d’un rouge flamboyant, se révèle être une cellule à bobine mobile magnifiquement construite et d’une installation aisée, son corps métallique offrant une sensation rassurante au toucher. Sa forme permet un alignement visuel rapide, tandis que l’ensemble cantilever/pointe favorise un positionnement et une mise en repère précis au moment de jouer son vinyle. Les quatre broches à code couleur sont bien espacées, et les vis fournies fixent la C-600 au porte-cellule avec une impression de solidité absolue. Hormis le fait que devoir effectuer toutes ces tâches lors de l’installation avec le diamant à l’air libre, n’est pas vraiment rassurant, la simplicité de l’opération ne s’est pas retrouvée comprise par ce détail.
J’ai réglé la force d’appui à 1,4 g et l’impédance de charge à 50 ohms. Mon installation a évité bien des tâtonnements grâce aux conseils de Paul Miller qui m’avait prévenu en amont que la C-600 nécessite un préamplificateur phono généreux. J’ai d’abord essayé avec un préampli phono fixé à 100 ohms, que je pensais suffisamment puissant, mais mes réglages de niveau sur le préampli ont été poussés à environ 25 % de plus qu’à l’ordinaire. Cette cellule mérite donc bien la qualification de « faible sortie ». En passant à un autre ampli entièrement réglable et nettement plus musclé, le réglage à 50 ohms s’est avéré idéal, descendre ou monter cette valeur n’apportait aucune amélioration.

Premières Notes
Habituellement je commence mes sessions d’écoute par quelque chose de puissant et direct, histoire de me réveiller. Cette fois, cependant, j’ai opté pour la subtilité absolue, peut-être parce que j’avais l’intuition que la Kensington C-600 allait se révéler être subtile. C’est donc avec une impatience débordante que j’ai lancé Haunted Heart: The Legendary Riverside Studio Recordings de Bill Evans. L’intégralité de ce coffret de 5 disques offre un jazz apaisant, et la C-600 n’a rien fait pour en altérer l’atmosphère. Les qualités tonales du piano, que je pouvais comparer au vrai instrument posé à moins d’un mètre de mon bureau, étaient aussi palpables et réalistes qu’on pourrait le souhaiter. La contrebasse de LaFaro était comme toujours séduisante et généreuse, et même à travers ces petits moniteurs, elle affichait un poids et une profondeur largement suffisants. Mais l’aspect le plus impressionnant à l’écoute de ces sessions datant des années 1960 fut peut-être la façon dont la C-600 restituait les détails les plus fins, en particulier l’utilisation des balais par Motian.
Pourquoi un tel enthousiasme pour quelque chose d’apparemment aussi secondaire que des balais de batterie ? C’est simple : les cellules MC à faible sortie nécessitent un gain supplémentaire quelque part dans la chaîne d’amplification, ce qui entraine souvent une augmentation du bruit de fond. Presque comme par magie, en dosant soigneusement les niveaux au réglage de 50 ohms, les détails les plus infimes sont audibles juste avant que le ronflement ou le bruit du reste de la chaîne ne vienne pointer son nez. Et ces instruments bénéficient indéniablement du registre aigu étincelant de la C-600, sans pour autant provoquer quelconque lassitude auditive.

Un véritable tour de magie.
Convaincu que la C-600 pouvait faire preuve du raffinement nécessaire pour restituer des enregistrements purement acoustiques, je me suis ensuite tourné vers un chef-d’œuvre oublié du rock en studio : Magic Christian Music de Badfinger. Tout comme les plages de jazz avaient offert l’occasion d’entendre trois instruments se fondre en un ensemble cohérent, cet album fit de même avec les voix. Les quatre membres du groupe chantent, si bien que la résolution de la C-600 fut mise à l’épreuve… et oui, elle s’en tira avec brio.
Lorsque tous se joignirent sur « Fisherman », après l’introduction en voix seule, ce fut à nouveau l’un de ces moments où l’on se redresse dans son fauteuil et où l’on tend l’oreille, alerte, permettant à l’auditeur de se concentrer sur chaque voix individuellement. Vous l’aurez deviné, je suis un admirateur de ce groupe au destin tragique, et la C-600 de Kensington m’a rappelé à quel point ils me manquaient.

Aussi délicat que fût ce morceau, le suivant, « Midnight Sun », est plus mordant avec des guitares saturées et une batterie percutante. La C-600 s’en est sortie avec habileté, mais un peu plus d’extension dans les graves et de punch n’aurait pas été de refus. Ce type de morceau donne envie d’être écouté fort, ce qui soulève à nouveau le problème de l’équilibre entre une cellule MC à faible sortie et la nécessité d’un préampli phono d’un silence fantomatique. Cela m’a fait regretter de m’être séparé de l’impressionnant PW1 de Grimm Audio.
Pour les voix les plus suaves qui soient, j’ai eu la joie de découvrir qu’un CD de bluegrass/country que j’utilise comme référence depuis 30 ans avait enfin été pressé sur vinyle. Le passage en LP de Now That I’ve Found You d’Alison Krauss allait constituer un véritable test pour la C-600, car l’album regorge d’instruments à cordes pincées ou frottées, à la limite du strident. Violons, banjos et mandolines s’y donnent à coeur joie.
Un grand jour.
Là encore, la cellule de Kensington réussit un numéro d’équilibriste sans faute, tirant parti de son aigu profond et d’une remarquable capacité de suivi, traversant chaque plage du son avec aisance. Lorsque le groupe entre en scène sur « Oh, Atlanta », la contrebasse acoustique m’a rappelé le son de Scott LaFaro, et l’impression dégagée par l’ensemble était, ma foi, véritablement harmonieuse. L’introduction aux percussions du « Theme From Shaft » suffit à confirmer qu’on a affaire à une cellule énergétique et dont on ne se lasse pas, qui pour une fois, procure une véritable expérience haut de gamme sans exiger d’y engloutir sa retraite. Après réflexion, la C-600 de Kensington est une affaire. Prenez simplement les précautions nécessaires lors de l’ouverture de l’écrin…
Le Verdict de Hi-Fi News ..
Quel plaisir de trouver une cellule de ce calibre et de cette sophistication à un prix qui ne fait pas bondir. Vendue en Europe autour des 1000 € , ce qui n’est certes pas une « bagatelle » –, la C-600 de Kensington offre le type d’atmosphère sonore qui distingue les cellules MC de la plupart des cellules MM. Elle apporte de la chaleur, de l’ouverture et des basses plus que suffisantes, mais surtout des aigus d’une grande pureté. Avec le préamplificateur adapté, c’est une véritable championne dans cette gamme de prix raisonnable.
